Le coup d’état médiatico-judiciaire

Ce qui se passe dans cette campagne240_F_75722230_A8Y9UWxMP658WLUe1AVtlUHfQuRxXumX est très grave, et hélas très proche de ce qui s’est passé aux Etats Unis : le 4ème pouvoir a décidé d’imposer un candidat à la Présidence de la république dont  la seule garantie est d’avoir été le conseiller de M Hollande.

Attention : cet article est encore en travail. Il n’est pas achevé .

Faisons d’abord un constat ..

L’affaire Fillon a pris des proportions démesurées ces dernières semaines au point de mettre en péril l’élection annoncée du candidat de la droite et du centre. Mais plus le temps passe, plus ce qu’elle révèle est inquiétant pour notre démocratie. Deux constats :

  •   rien de ce que l’on reproche à Fillon n’est illégal , et l’affaire a été montée sur une ambiguité voulue entre la dimension morale ( est-il « bien » d’utiliser la famille dans le travail d’assistance au parlementaire) et la dimension juridique
  • La justice , en l’espèce la toute jeune autorité financière créée par M Hollande a battu tous les records de vitesse en s’autosaisissant d’une affaire en pleine élections.

Visiblement il y a eu une coordination et c’est cela qui inquiète entre deux logiques.

La logique de la presse et sa surréaction : car la moindre des choses dans une affaire comme celle là aurait dû être la modération. La date choisie pour la sortie de l’affaire – pile au meilleur moment – montre qu’on avait gardé le dossier « bien au chaud » et l’impérieuse nécessité d’avoir une campagne digne aurait dû guider les journalistes. Passe que le Canard fasse un article, mais la moindre des choses aurait été de la part de la presse une prise de distance raisonnable. C’est au contraire que l’on a assisté . Une campagne montée au quart de tour, disproportionnée et haineuse . Quasi unanime

Cette réaction est anomale, elle est l’indice d’une profonde perversion des médias français, sur le modèle des médias américains. On quitte les règles du métier pour engager un c

Y a t-il un complot médiatique

Commençons par le phénomène médiatique

Un Hubris dangereux de la « justice »

 

 

 

 

Ne pouvant pour le moment rendre compte de ce que nous paierons tous demain, je laisse ici la parole à M Bellamy

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Fillon et le discours sur les élites – en travail

Maxime Tandonnet est un des observateurs les plus attachants de l’univers Internet. Ancien conseiller de M Sarkozy, mais aussi Haut-Fonctionnaire – il faut du courage dans l’actuelle fonction publique ! – il est aujourd’hui l’un des chroniqueurs les plus appréciés du Figaro et d’Atlantico. Mais plus important il anime un blog que l’on ne peut que recommander : car il y a réussi l’exploit d’en faire un lieu de discussion modérée, respectée où l’on peut réellement voir réagir et discuter dans la tolérance des participants de tous les bords de la droite et du centre. Oui, cela existe, même sur Internettandonnet

Cette exception tient en partie aux positions courageuses de Maxime Tandonnet, dont l’angle d’attaque aujourd’hui est d’ordre constitutionnel (il plaide le retour à l’esprit de la Vème). Ce n’est pas à un admirateur de Locke que cela forcément déplaira, même si nous ne sommes pas forcément toujours d’accord. A preuve la récente tribune qu’il publie dans Figaro Vox en forme de bilan de l’année 2016. Je voudrais préciser en quoi

2016, un mouvement populiste uniforme ?

Peut-être après tout s’agit-il d’une figure obligée : il faut toujours écrire quelque chose à chaque fin d’année. C’est pourquoi M Tandonnet,  tente ici de tirer un bilan synthétique de 2016 mais de façon si schématique qu’on peut se demander s’il ne s’abuse pas lui-même. L’axe de la tribune est lisible dans le titre : « Pour la première fois, dit-il, les «peuples d’en bas» ont pris l’ascendant pour la première fois sur « ceux d’en haut ». Cela veut dire que son propos est de plaider le caractère nouveau et très spectaculaire des événements qui se sont produits dans l’année 2016 : le Brexit, la montée de l’Allianz für Deutschland, Trump et d’autres : il s’agirait d’un même événement et qui aurait changé la donne politique de ce début de siècle. Et il en voit l’unité dans une opposition commune du peuple aux élites. « Les premiers cultivent une vision axée sur l’ouverture des frontières, la mobilité planétaire, la valorisation des minorités et de la société multiculturelle. Les seconds s’accrochent à la nation, aux frontières, à leurs traditions et modes de vie, comme repères dans un monde en ébullition. 2016 a été dominée par cet affrontement entre «mondialisation» et «populisme» selon les termes qu’il est convenu d’utiliser. Dans cette lutte de plus en plus tranchée, les «peuples d’en bas» ont pris l’ascendant pour la première fois ».

Un commentaire de ce type aurait fait largement scandale il y a quelques années. Mais aujourd’hui on a le sentiment d’une banalité : c’est un secret de polichinelle, il est largement admis par la plupart des observateurs, même ceux qui sacrifient encore au politiquement correct. Pour le dire d’un trait, « l’histoire d’amour » du peuple et des élites est vraisemblablement majoritaire dans les salles de rédaction.

Cela en soi, ne saurait être reproché à M Tandonnet. Il ferait partie dans ce cas de ceux qui ont vu juste avant les autres. Mais quand même , cette analyse pose un petit peu problème. On la prend même un peu trop vite pour un fait acquis : de plus en plus en effet – et c’est le cas dans l’article – on tend à faire de cette opposition une tendance politique, et même une tendance générale en Occident. A l’image , inversée certes, mais à l’image quand même des marxistes. Partant de là, la tentation est forte de faire du phénomène Fillon un avatar de cette tendance « au populisme ».  Et c’est malheureusement ce que fait M Tandonnet. Largement à tort

Fillon est-il populiste ?

En effet si le terme populisme a un sens – qu’on l’emploie ou non , par exemple par pudeur – c’est pour souligner un phénomène d’extériorité par rapport au cadre politique dominant. En France par exemple serait née « dans le peuple » une opposition des perdants à une France-des-gagnants, en entendant sous ce terme aussi bien ceux qui occupent le pouvoir ( réel ou culturel) que  ceux qui sont les plus aisés. C’est la raison pour laquelle le populisme fait peur. Car on suppose qu’il rassemble les gens « d’en bas »  sous le principe de l’hostilité brute à ceux « d’en haut », ou de la récrimination peu raisonnée envers leur comportement. Une attitude qui serait alors la proie de toutes les démagogies : celle de la pêche à la ligne comme celle de l’extrême droite. C’est pourquoi l’on associe souvent montée du populisme et rejet de la forme démocratique actuelle

Or il n’y a rien de cela dans le phénomène Fillon et c’est par là qu’il est original. D’une part il rassemble la partie de la droite la mieux intégrée dans le jeu politique. Ne l’oublions pas, ce sont les députés LR qui sont Fillonistes, alors que pendant très longtemps la base a été Sarkozyste – ce qui explique au demeurant la tentative de putsch manquée de J.F. Copé. Le phénomène est le même au demeurant en Angleterre, où le Parlement est encore majoritairement pour le « remain ». De plus il est clair que le vote Fillon est composé de gens plus aisés que la moyenne, souvent retraités. Il s’accompagne enfin d’un mouvement d’insertion dans le jeu électoral comme en témoigne la très forte mobilisation des primaires et même le récent mouvement d’inscription « de fin d’année » que les observateurs corrèlent justement à ces primaires

Il est donc erroné d’assimiler le phénomène Fillon à un rejet des élites. Et s’il fallait une preuve de la très grave crise des médias américains, l’article du New York Times en serait la preuve flagrante

L’intervention des Chrétiens

Evidemment Maxime Tandonnet n’est pas aveugle à ce point. La formule qu’il emploie à propos de Fillon montre qu’il sent bien qu’on ne peut pas l’assimiler au Brexit. Mais il met en avant deux arguments dont le premier mérite d’être souligné « les électeurs dit-il ont choisi de bousculer les pronostics et de plébisciter une personnalité marquée par la sobriété, le sérieux d’un programme, la générosité de son appel en faveur des chrétiens d’orient dont la communauté, victime de violences barbares, est en cours de destruction. ». En clair le choix de Fillon renverrait à un choix relatif à la vie politique ( un « rejet de l’hypermédiatisation), joint à un sentiment de solidarité chrétienne . Ce sentiment , étant clairement « interclassiste » comme on dit chez les Marxistes, on pourrait donc l’assimiler à un sentiment national qui rejoindrait par là « cette révolte populaire »

En argumentant de la sorte M.T. met le doigt sur deux éléments importants. L’attitude raisonnable de Fillon, qui tranche notamment avec celle de Sarkozy, et la dimension catholique qu’a pris parfois le vote Fillon. Mais sous sa plume il s’agit d’un véritable tour de passe-passe, voire même d’un étrange reflet de l’an
alyse bien pâle que l’on retrouve chez L Joffrin. Répondons point par point. Il est vrai que Fillon a reçu l’appui de sens commun, vrai aussi qu’il est entré en phase avec une certaine reaffirmation de la culture catholique dans une fraction de la population. Mais cela n’est pas une explication de l’étrange « mobilisation pour Fillon »

D’une part il n’est pas vrai que ce que Joffrin appelle la réaction catholique soit le moteur premier du vote Fillon . Rappelons à ce propos que la Manif pour tous a récemment tenté de remobiliser ses troupes, mais sans y parvenir de façon significative : cela veut dire que la GPA inquiète, mais pas au point de cristalliser un vote. Et on voit mal ce que Fillon a pu gagner dans son attitude – en fait très modérée – sur ce dossier. C’est ailleurs qu’il faut voir l’action de sens commun. De même en est-il de ce fameux regain de catholicisme que M.T. assimile un peu vite à de la solidarité avec les chrétiens d’orient : si tel était le cas, les mobilisations en leur faveur n’auraient pas été si faméliques. Et on a véritablement le sentiment que M.T . prend ses désirs pour des réalité.

Derrière le vote Fillon, non pas une révolte, mais une politisation des contribuables

La vérité est ailleurs , elle est dans ce que le vote Fillon reflète un mouvement de politisation profond dans une partie de la population française, mais qui déplait à un point tel que l’on ne veut pas le regarder : car il touche une fraction plutôt aisée de français – disons les couches moyennes et supérieures – et qu’il concerne la fonction  honnie de contribuables

Qu’est-ce à dire ? Il faut partir de ce fait qui nous rapproche quand même beaucoup plus de l’URSS de la belle époque, que du libéralisme sauvage : l’état draine aujourd’hui 57, à 58 % de la richesse produite. Mais il ne s’agit pas que d’un chiffre : il s’agit in concreto d’une fiscalité, et surtout du mouvement récent de la fiscalité. Non seulement la fiscalité est extrêmement forte chez nous, mais elle est fortement concentrée chez une même catégorie de la population, la même justement que les électeurs de Fillon. Ne l’oublions pas, la majorité des ménages ne paye pas l’impôt sur le revenu. Or cet aspect s’est considérablement durci chez Hollande détruisant au passage le principe même de la fiscalité dans une démocratie : le fait qu’elle serve à faire fonctionner l’Etat et non à redistribuer. Pour le dire autrement, l’état a rompu le consentement fiscal, vital pour une démocratie. Car c’est une seule catégorie de français qui a payé la note des déficits de l’Etat ( par décence nous laissons de côté les arguments mis en avant par les socialistes)

S’il y a eu succès du vote Fillon c’est alors là qu’il faut le chercher et cela entraine deux conclusions. Cela veut dire d’abord qu’il y a un sentiment d’injustice dans cette catégorie de la population, nourrie d’hostilité au PS et aux médias, malgré le virage du CICE ( qui a de fait concentré les ponctions sur les ménages ! ). Pour le dire autrement, aveuglé par le cirque médiatique des frondeurs, on n’a pas vu que la politique de Hollande restait « à gauche » sur cet aspect. Mais parler de sentiment d’injustice ne suffit pas. Tout au plus cela expliquerait un vote pour Sarkozy dont l’hostilité à la France de Bercy est largement connue, ou un vote pour Juppé réputé le plus à même de combattre le PS. S’il y a eu vote pour Fillon, c’est que ce sentiment s’est transformé en conscience politique : au sens où l’on a pris conscience – enfin !! – de l’existence d’un système étatique derrière ces ponctions fiscales, un système où la dépense de l’Etat est la règle et nourrit la croissance de la fiscalité. La chose est pourtant bien connue. Fondamentalement c’est contre cela qu’on a voté Fillon et vraisemblablement pour la première fois ( de façon significative) depuis de longues décennies. Autrement, là où le programme de Fillon était moqué sur le thème : on ne gagne pas les élections en voulant supprimer des fonctionnaires ( Sarkozy), on a voté pour un programme qui se donne les moyens de changer les choses et pour un candidat dont le comportement présente des garanties.

Là est le secret du vote Fillon : il a cristallisé un mouvement de politisation né avec la « révolte fiscale » et qui lorsqu’il a entrevu un débouché politique – disons en Octobre – s’y est littéralement engouffré… comme Fillon l’avait quand même prévu !

La question des catholiques et de la Nation  

Evidemment nous sommes conscients, en écrivant cela,  de décevoir bien des lecteurs de M Tandonnet. L’économie se porte mal y compris à droite, et la seule chose qui soit admise dans les médias à ce sujet est la longue plainte sur le peuple marginalisé par la « mondialisation libérale ». Parlez-moi de Nation, de solidarité généreuse mais pas de choses aussi vulgaires que la fiscalité. Et surtout par de ces millions de retraités, lesquels, on le reconnaîtra, sont assez peu populistes. Ou pour paraphraser presque M Tandonnet : « je ne veux voir que le bleu/blanc/rouge chez Fillon, ce qui ressemble en lui au général ».

Il s’agit là d’un véritable contresens.

Car ce qu’on ne voit pas – et il faut dire qu’un siècle de marxisme est passé par là –  c’est que la question de la fiscalité est la question politique par excellence. Et en démocratie elle s’accompagne forcément d’un regard responsable sur la politique de l’Etat : car elle touche automatiquement à une orientation globale d’un Etat, ou d’une politique. On ne peut être populiste quand on est un contribuable pressuré, car on est confronté aux enjeux du pays, même et surtout si on ne le veut pas. N’oublions pas que la révolution française s’est faite d’abord sur cette question (mais là encore un siècle de profs d’histoire marxistes nous  l’ont fait oublier).

Et c’est ici qu’intervient la dimension idéologique voire même culturelle

En fait ce qui s’est passé avec Fillon c’est une conjonction entre deux types de préoccupations : ce mouvement de contribuables en voie de politisation, et un courant conservateur pour qui la logique de l’Etat actuel est quelque part destructrice de la société. Et c’est sur ce point (seulement) qu’il a été aidé par « Sens commun » – très intelligemment au demeurant. Que ce mouvement culturel se manifeste en France, c’est ce que nous expliquent à longueur d’articles les nouveaux intellectuels médiatiques que sont Le Goff, Delsol, Strauch Bonart etc…  Qu’il soit « en ligne » avec le (léger) renouveau du catholicisme culturel se comprend aisément. Nous y reviendrons.

Mais réduire l’un à l’autre, voire cacher l’un par l’autre c’est se raconter des belles histoires. C’est ignorer tout simplement que l’économie fait partie de la culture en occident.

La vérité et le courage de la dire

La question qui se pose dans ces conditions est celle de l’avenir de ce courant.

Et tout d’abord de savoir s’il peut gagner les élections. Car si notre analyse est juste, elle signifie qu’une partie essentielle de la population, et de ce qu’on appelle les couches populaires, ne se reconnaît pas dans ce courant. Du moins pas encore. Certains sondages en sont d’ailleurs le reflet. Les 35 heures sont encore populaires, comme la retraite à 60 ans. Et l’on pourrait se demander s’il ne va pas y avoir cristallisation de cette opposition

Pour ce qui est des élections, ce n’est pas le plus probable. Car même s’il n’est pas majoritaire, constatons simplement que Fillon est aujourd’hui le seul porteur d’un programme crédible, en entendant deux idées derrière ce terme : un programme politique de gouvernement – et pas seulement de protestation – et une base politique significative. Adéquation que le PS est en train de perdre, et que ni Le Pen ni Mélenchon ne sont en mesure d’obtenir à court terme. Nous n’en voulons pour preuve que la tension qui se fait jour au FN. Reste le «phénomène » Macron qui pourrait effectivement drainer tout ce que la France d’en haut compte de conservateurs et voir se rallier une fraction du PS

Mais en réalité la question est mal posée. La vraie question est de savoir si une fois élu, Fillon va pouvoir contenir cette opposition – au moins la rendre moins nocive. Faute de quoi il ne pourra tout simplement pas tenir au pouvoir. Et cela passe par des succès rapides sur le terrain de l’économie, en même temps qu’un véritable engagement sans ambiguïté sur le terrain sociétal : que ce soit sur l’école ou sur l’immigration.

Discuter de ses moyens véritables sort du cadre de cet article. Nous y reviendrons. Mais on ne peut s’empêcher de rappeler que Fillon a fait de la vérité l’axe de son discours : l’idée étant qu’à « annoncer la couleur » avant d’être élu on se donnait les meilleures chances de la mettre en œuvre après. La moindre des choses serait donc d’abonder dans son sens. Et on peut regretter que tant de gens à droite soient si réticents à le suivre sur ce point. De Gaulle bon dos !

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De l’échec de Hollande à la crise de la gauche

Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles par les temps qui courent. La démission de Hollande et plus encore le contexte de cette démission, sont de celles-là. Car cette démission pourrait ouvrir à de très larges recompositions dans la gauche française et qui débloqueraient à coup sûr la vie politique. C’est ce que l’on veut ici examiner.

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Mais évacuons tout d’abord les faux débats… Continuer la lecture

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Fillon est-il libéral ? réponse à M Koenig

 Dans un article paru dans le « figaro vox » , M Koenig répond ce matin à la «fillon mania » qui s’est manifestée dimanche, autour de la question : koenig

Fillon est-il vraiment libéral. http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/11/21/31001-20161121ARTFIG00290-francois-fillon-est-il-vraiment-liberal.php

La question est pertinente, d’autant qu’il faut s’attendre de la part du parti des médias à une sympathique haine de Fillon sur cette question. Je dis sympathique, parce que par définition, le parti des médias est sympathique. Mais si la question se conçoit la réponse de M Koenig est largement insatisfaisante. Et nous voudrions revenir à ce propos.

Ironisons tout d’abord, pour ne pas être dupe. Le disciple de Deleuze qui s’exprime sous ce nom de Koenig a une stratégie médiatique, comme hier von Hayek avait une stratégie intellectuelle. Il s’agit de s’imposer comme « la » référence du libéralisme, en profitant de ce que le terrain est délaissé par ce que M Lévy aurait quand même dû appeler l’idéologie française. C’est de bonne guerre, certes. Mais le problème est qu’il fait passer ses propres positions pour libérales auprès d’un public français peu averti : ce qui quand on connaît son mentor, est plus que discutable. Aussi comparer les deux positions, celle de Keonig et celle de Fillon est très instructif, au moins sur la stratégie de Koenig. On peut alors distinguer 3 points.

1/ Koenig part de l’idée que les positions défendues par Fillon sont largement libérales ce qui est vrai si on regarde la tendance, faux si on raisonne dans l’absolu : à supposer qu’elles soient mises en application, Fillon serait à la tête d’une France largement social-démocrate. Mais passons… Ce qui est important ici est que Koenig loue d’abord le pragmatisme de Fillon qu’il oppose à l’idéologie de Mme Thatcher « qui a lu von hayek » ( lequel rappelons-le était un conservateur catholique). C’est à l’expérience, par l’écoute du terrain qu’il aurait viré sa cutie « seguiniste ». On peut lui donner raison sur ce point

2/ Mais une fois ce point acquis, Koenig cherche à opposer une sorte de libéralisme fermé, lequel serait celui de Fillon au libéralisme sociétal : qui serait lui ouvert. Et c’est ce point qu’il critique. On pense bien sûr à la position de Fillon sur la GPA. Ce faisant il rejoint un discours que l’on entend de plus en plus qui laisse entendre qu’existerait une logique purement libérale / libertaire dans nos sociétés et qu’il faudrait opposer à une logique plus conservatiste.

A supposer que cette tendance existât et ne soit point fantasmée – les acteurs des starts up sont des bosseurs et pas des jouisseurs – elle fait fi d’un enjeu extrêmement fort : qui est celui de la cohérence du libéralisme. A ce propos il fait quand même rappeler que le libéralisme est un courant de pensée historique, largement plus vieux que les doctrines qu’on lui oppose aujourd’hui. Et qu’il a à ce titre toujours été ancré dans la philosophie morale : on peut même lui assigner un rapport organique à la tradition protestante

Or cette morale se caractérise à la fois par l’idée de droits – la notion de « droits de l’homme » par exemple n’est pas « de gauche », mais exclusivement libérale – mais aussi de devoir. Les droits de l’homme par exemple, n’ont de sens que par la valorisation du travail et de la notion de responsabilité ( on se reportera à Locke sur ce point, c’est mieux que Hayek). C’est le cœur de l’analyse de M Weber quel que soit son caractère discutable.

Or le fait d’ »accuser » Fillon de n’être pas libéral de ce point de vue – au prétexte qu’il n’approuverait pas le gauchisme culturel – est un véritable contre sens sur la dimension morale du libéralisme. .. . Il est connu d’ailleurs que les catholiques bientôt sans église ressemblent de plus en plus aux protestants de l’origine

3/ le troisième point et qui cristallise le débat est la question de la Nation. Et c’est sans doute le point clé de Koenig. « Le libéralisme n’est pas hors, sol ? Mais il rejette absolument toute conception ethnique de la Nation » dit-il non sans quelque mauvaise foi ( car on ne peut à la fois soupçonner Fillon d’être un « catho-réac » et d’être raciste – que l’on sache, catholique veut dire universel). En fait ce qui est en jeu, et que Koenig ne veut pas avouer, est la dimension culturelle de la société : le fait qu’une société n’est pas constituée d’individus, mais par des valeurs et modes de vies qui sont l’objet d’une transmission historiquement constituée. C’est là l’enjeu que Koenig qualifie « d’ethnique » avec comme conséquence d’éliminer cette dimension de la réflexion : devons-nous considérer la Nation comme une telle communauté, et devons-nous en défendre le principe ?

Une telle question ne s’est jamais posée aussi brutalement que nous la posons. Et pour cause. Il ne serait jamais venu à l’idée à un philosophe des XVII et XVIIIème d’y répondre autrement que de façon positive. Le fait que Fillon ait défendu le principe d’une civilisation européenne indique là aussi la réponse qu’il donne. Pour paraphraser Koenig ( et répondre à ceux qui le traitent de souverainiste) oui, il serait d’accord pour une dimension supranationale, mais dans le strict espace de frontières culturelles que l’on s’attachera à défendre. Il m’est avis que 85 % des français seraient d’accord avec lui.

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Trump ou la défaite de l’Université

10 jours après l’élection de Trump, le temps est venu de distinguer l’émotion, d’où qu’elle vienne, de la réflexion sur ses enjeux. Car ce que révèle cette élection, comme la manière dont elle a été traitée par les observateurs n’est pas pour rassurer.trump-clinton1 Qu’est ce qui explique cette élection ? Que révèle-t-elle ? C’est ce que nous voulons commencer à évoquer, brièvement, certes, mais en tentant d’aller au fond des choses.

Une erreur des médias et non pas des sondages

Partons d’un point loin d’être anecdotique. Continuer la lecture

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Le 20 Novembre : voter pour un programme et non pour un homme

Article rédigé pour un blog ami

Je remercie M Tandonnet de me laisser la parole en cette vieille de primaires pour essayer de vous convaincre d’y participer, malgré les doutes qui sont émis sur ce blog, et de le faire dans un sens très précis. Comme il ne s’agit pas de se raconter des histoires, je le ferai autour de quatre questionsfillon

  • Ces primaires servent-elles à quelque chose ?

S’il y a un consensus sur ce blog, c’est bien pour s’inquiéter des menaces qui pèsent sur l’avenir de notre pays, emblématiques d’ailleurs des menaces qui pèsent sur l’Europe. De même nous nous accordons pour mesurer l’impuissance de l’Etat français et de ses dirigeants politiques. Mais quelle est la responsabilité des dirigeants de la droite dans cette affaire ? Elle n’en est que partiellement responsable. L’honnêteté, au contraire, Continuer la lecture

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Droits de l’homme ou gouvernement des juges ?

Dans cet article, nous nous proposons d’ouvrir le débat sur la notion de droit de l’homme

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Qu’est-ce que l’idéologie de gauche ?

A propos d’un article du

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Pendant longtemps la gauche a été intellectuellement hégémonique dans l’espace public. Cela a fait la spécificité de la France. Cela la fait toujours, car sa domination n’a pas disparu, même si elle est aujourd’hui combattue. Mais pour combattre, il faut d’abord comprendre. Et si la gauche domine encore c’est avant tout parce qu’on comprend mal comment elle « fonctionne ».

Pour quelles raisons ? Ceux qui s’y essaient, et que nous soutenons – Le Goff par exemple – sont en effet toujours superficiels. Ils ne considèrent la gauche que comme un système d’idées, individualiste ou égalitariste selon l’accent que l’on met, et qui serait tout simplement plaqué sur la réalité. Et donc plaqué à contre temps. Partant de là, on va chercher à décrire ce système d’idées, pour bien montrer en quoi il est vicié, en montrant bien qu’il ne correspond pas au réel. D’où la croisade de Le Goff contre le « gauchisme culturel ». Bien utile empressons nous de le dire. Mais pas assez efficace.

Car le cœur de l’idéologie de gauche n’est pas là où on le cherche : il est beaucoup plus enfoui dans la réalité, beaucoup moins idéologique en apparence .. et donc plus pernicieux. C’est ce que nous voulons au moins suggérer ci-après Continuer la lecture

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Economie et identité article en travail

Dans un récent article que nous mettons en adresse URL, M C Consigny porte un jugement inquiet sur le déroulement futur de la campagne électorale. Celle-ci risquerait d’après lui d’éluder la question centrale de l’économie, au profit d’un débat sans débouché possible sur l’identité nationale. Et de plaider qu’il « est urgent de parler d’économie » consiogny

M Consigny est un observateur pertinent, il a le mérite de pointer un vrai problème, et gageons qu’il ne sera invité, ni au Monde, ni à Libération, ni à France Info. On peut d’ailleurs faire le parallèle avec l’Espagne. Les récentes élections s’y sont déroulées dans un contexte où, pour la première fois, on pouvait se prévaloir de véritables réussites sur le plan économique ( sortie du marasme, baisse significative du chômage.. ). Réussites attribuables en raison au gouvernement Rajoy…
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